Quand devient-on parent ?

J 9 (11)

A l’apparition des deux petits traits roses ? Aux battements de cœur qui résonnent dans la pièce lors de la première écho ? A l’idée même d’y penser ? Au peau à peau de la maternité ?

Que l’on s’en sente prêt depuis des années ou que cela vienne doucement au fil des premiers mois, devenir parent c’est avant tout pour moi devenir conscient. De cette vie dont nous prenons la responsabilité, de la sécurité qui devient notre priorité face à tant de fragilité, des valeurs que nous voulons transmettre, de l’inconnu qui nous attend à chaque instant.

Au sein même du couple, devenir parent n’est pas une affaire nécessairement synchrone. Il y a un avantage in utero à sentir à travers le corps ce qui se trame dans la tête, mais là encore il n’y a pas de règle, pas de loi et le lien qui se tisse avec l’enfant ne dépend pas uniquement de la filiation biologique. Voilà pourquoi je considère qu’il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » parent mais plutôt des parents conscients – ou non.

Conscients qu’il n’y a pas de modèle à suivre, que l’être miniature que l’on tient dans ses bras n’a de petit que sa taille, que le respect et la dignité qu’il mérite sont les mêmes qu’à l’âge adulte, que ses problèmes, ses chagrins, ses inquiétudes, ses joies, ses peurs, ses besoins ne sont en rien proportionnels à son âge, que les émotions qui le traversent ont déjà toute leur intensité. Conscient de l’importance de donner sans attendre en retour, de la nécessité de connaître ses besoins et ses peurs pour savoir les différencier de ceux de son enfant, de l’espace et de la liberté indispensables à la construction de l’identité tout en sachant rester présent à côté, que rien n’est acquis et qu’il faudra beaucoup de patience pour que chaque apprentissage ait le temps de son ancrage.

Conscient que ce qu’on a de plus précieux ne nous appartient pas, qu’on découvre son enfant à mesure qu’il se connaît lui-même, qu’on se doit de le laisser se confronter aux expériences – agréables et désagréables – de la vie pour qu’il devienne à son tour conscient, créatif et responsable.

« Qualifie les chose difficiles de « difficiles »,
et les faciles de « faciles »,
sans éviter les unes ou rechercher les autres
et tes enfants apprendront à avoir confiance en eux.
Appelle des résultats des « résultats »,
sans définir certains de « succès »
et d’autres « d’échecs »,
et tes enfants apprendront à être libre de peurs.
Appelle la naissance « la naissance »,
et la mort « la mort »,
sans percevoir l’une comme bonne
et l’autre comme mauvaise
et te enfants seront à l’aise avec la vie »

Extrait du Tao Te King des Parents, de Lao-Tseu – William Martin

 

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