La Discipline Positive, c’est quoi ce truc ?

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On en parle de plus en plus, on croise des articles dessus, on lit des choses sur Internet… Mais concrètement, c’est quoi et surtout, ça sert à quoi ?

Je ne ferai pas ici une présentation « officielle » telle qu’on pourrait la lire sur le site de l’Association Discipline Positive France (www.disciplinepositive.fr) ou dans les nombreuses interviews de Béatrice Sabaté, psychologue clinicienne qui a importé des États-Unis les ateliers de Jane Nelsen et Lynn Lott.
Il existe déjà tout ce qu’il faut sur la toile pour cela.
Ce que j’aimerais partager ici, c’est un éclairage plus personnel, un retour d’expérience à travers les ateliers* que j’anime et les rencontres que j’ai pu faire.

Il me tient à cœur de préciser pour commencer, tout ce que la Discipline Positive N’EST PAS.

Derrière ces deux mots, « discipline » et « positive », il n’est pas question d’une formule magique permettant à votre progéniture d’obéir du matin au soir avec le sourire. Si quelqu’un essaye un jour de vous vendre un tel remède miracle, il n’y a pas à hésiter : c’est une arnaque.
Ce merchandising de la « parentalité positive » a tendance à me hérisser le poil. Tout comme les termes choisis par certains blogs très actifs sur les réseaux sociaux pour titiller la curiosité des parents, à base de « comment se faire obéir sans crier » ou « comment arrêter les caprices de nos enfants ».

En-dessous de 4/5 ans, l’enfant est « intellectuellement incapable » de faire un caprice (au sens où il serait prêt à se comporter d’une manière exécrable dans le seul but d’obtenir ce qu’il désire). Son cerveau n’est tout simplement pas encore prêt à effectuer ces liens de causes à effets, d’actions/conséquences ; cela fait partie des connaissances essentielles pour mieux comprendre son enfant et adapter son attitude en conséquence. Avant de chercher la solution 2 en 1, rapide et efficace, pour retrouver le calme à la maison, essayons d’abord de comprendre ce qui se joue devant nous. Les crises et les colères font partie de la vie du jeune enfant, elles l’aident à grandir à condition qu’on l’aide à gérer ses émotions. Et nous, en tant que parents, on peut se faire accompagner pour cela parce que parfois nos nerfs sont rudement mis à l’épreuve; pas pour avoir un enfant sage comme une image qui ne ressent rien et n’exprime pas grand-chose.
Quant à l’obéissance, personnellement je lui préfère le terme de « respect » et pour le parent qui arriverait à mener son enfant jusqu’au bac sans élever la voix, il aura mon admiration éternelle.

Les ateliers de Discipline Positive ne sont pas non plus des « formations » pour devenir de super-parents-parfaits. Si c’est ce qui est visé, là encore je préfère être claire et concise : vous ne le serez jamais. Et heureusement pour vos enfants. De vos imperfections, de vos ratés, ils apprendront à apprivoiser les leurs. Ils découvriront la frustration, la colère, la résilience, le pardon. Ne laissez par ailleurs personne vous dire comment être parent ni quel parent être, il n’y a pas de formation pour cela, pas plus que nos tendres chérubins nous sont livrés avec un mode d’emploi.
La DP (comme on dit dans le jargon parce qu’il faut reconnaître que sinon, à dire comme à lire, c’est long…) n’est ni une méthode miracle pour une soirée tranquille après une rude journée, ni une boîte à outils qui trouve à chaque problème sa solution en moins de 5 min chrono.

OK, alors qu’est-ce que c’est ?

La DP est pour moi une démarche éducative qui apporte de précieux éclairages lorsque l’on cherche à créer avec son enfant une relation fondée sur la confiance, le respect et l’échange. C’est un soutien, un fil conducteur, qui nous permet de maintenir le cap de l’éducation que nous choisissons pour ses principes, sa conception du lien parent-enfant, sa philosophie de la vie et des relations humaines.

Dont entre autres :

  • que l’être humain « fait mieux quand il se sent mieux » (J.Nelsen) : avez-vous déjà eu envie de donner le meilleur de vous-même au travail après un flot de remontrances de votre patron, après avoir été rabaissé(e) et humilié(e) en réunion ?

  • que l’une des choses les plus difficiles dans nos sociétés occidentales est « d’avoir le courage d’être imparfait » (R.Dreikurs) : quelle est notre tendance naturelle face à l’échec ? Que pensons-nous de nous ? Que décidons-nous pour l’avenir ?

  • que « les erreurs sont de formidables opportunités d’apprentissage » (J.Nelsen) : qu’est-ce qui compte quand on s’est trompé ou qu’on a mal agi ? Payer pour cela ou réparer du mieux qu’on peut ?

La DP vise ainsi un meilleur fonctionnement des relations familiales, entre parent et enfant et au sein de la fratrie, pas la potion de la famille idéale.
Qu’il s’agisse de neurosciences, de psychologie ou de bon sens, la DP va piocher de quoi nous aider à nous sentir confiant dans notre rôle de parent, en acceptant nos limites et celles de l’enfant selon son stade de développement. Car même si cela nous agace et nous fait perdre un temps fou au moment où nous en avons le moins, il y a certaines choses qu’un enfant de 3 ans ne peut pas comprendre ou faire comme nous en rêverions. Parce qu’il a 3 ans. Idem à 6, à 10, à 14.
Parce qu’on ne peut pas non plus mener tous les combats à la fois, cette pédagogie nous aide à définir nos priorités, à nous recentrer sur ce qui compte pour nous, dans notre rôle de parent et ce que nous voulons pour notre enfant. Elle nous invite à plonger au cœur des émotions de l’enfant et de sa perception du monde, d’une situation, pour mieux comprendre ses réactions. La bienveillance sert de repère afin de veiller au respect de l’enfant ET de l’adulte car elle est intrinsèquement liée à la fermeté, qui pose des limites nécessaires et sécurisantes.

La DP, c’est penser qu’il existe forcément une solution et qu’en s’y mettant à plusieurs – entre adultes dans les ateliers ou à la maison en réunissant petits et grands – on sera d’autant plus efficaces et soudés.
C’est reconnaître le droit à l’erreur pour ce qu’elle peut nous enseigner, à tout âge.
C’est apprendre à réparer ce qu’on a fait de travers, à prendre ses responsabilités et à s’entraîner pour s’améliorer.
C’est mettre l’encouragement au cœur de son éducation en validant qu’on peut y arriver si on se sent soutenu, aimé et porté par la confiance que d’autres ont en nous.
C’est savoir ce qui compte vraiment dans la relation avec notre enfant, dans ce que nous souhaitons lui transmettre et ce que nous voulons qu’il acquière. 
C’est déculpabiliser en acceptant que pour être en état de s’occuper d’un plus petit que soi, il est indispensable de prendre soin de soi.
C’est donner des « clés » concrètes sur le « comment faire » quand on est convaincu du « pourquoi le faire ».

Pour résumer…

Oui, cela demande du courage de se remettre en question.
Oui, cela nécessite parfois de repenser sa propre éducation et de mettre à mal certaines de nos convictions.
Oui, privilégier le lien et la relation avec son enfant nécessite du temps, des tonnes d’énergie, des kilos de répétition, des montagnes de patience. Ni plus ni moins que lorsqu’il s’agit d’éducation.
Oui, il y aura toujours des doutes, des moments où l’on se sent perdu, déconcerté, avec le sentiment « d’avoir tout essayé ».
Oui, il y aura – encore et encore – des ratés et des imperfections parce qu’ils font partie de la vie de manière générale.

Il n’est pas forcément plus simple d’élever ses enfants avec la DP qu’avec n’importe quelle autre approche éducative.
Il est par contre tellement plus gratifiant et réconfortant de savoir nos efforts concentrés sur les notions de respect, d’encouragement, d’écoute, de bienveillance, de gestion des émotions, de droit à l’erreur, de confiance, d’estime, d’autonomie, de responsabilisation, d’appartenance et de contribution quand elles comptent pour nous.

*les dates et contenus des ateliers sont disponibles sur la page Facebook « Discipline Positive Normandie »

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