Noël en famille : comment survivre aux fêtes sans trop de pertes et fracas ?

La formule consacrée veut que l’on se souhaite de « B.O.N.N.E.S » fêtes, un « J.O.Y.E.U.X.» Noël or, qu’on se le dise, l’affaire n’a rien de garanti.

Parce qu’au milieu des feuilletés apéro de tante Simone qui manquent de brûler pour cause de retard dans l’ouverture des huîtres, de la bûche aux fruits rouges renversée sur le canapé neuf de belle-maman et des enfants surexcités par le déballage imminent des cadeaux, Noël c’est aussi l’occasion privilégiée des règlements de compte familiaux, l’un des moments les plus sensibles pour la garde partagée et globalement, une période où le « trop » est à l’honneur : trop de sucre, trop de gras, trop de monde, trop d’agitation, trop de bruit, …

Les fêtes ont ainsi cette capacité à réunir autant qu’à diviser.

Parmi les sujets à éviter sous peine de déclencher la guerre des tranchées, on retrouve entre autres la politique, les gilets jaunes, la GPA et… l’éducation des enfants.
Drapeau blanc. Parlons météo, football, ciné, débattons sur le champagne versus crémant et remettons à plus tard l’intérêt de développer les compétences psycho-sociales de l’enfant…

Car si pour certains Noël en famille ressemble à la version hivernale de l’ami Ricoré, force est de constater que pour un nombre non négligeable de témoignages recueillis, les réveillons sont avant tout une affaire de survie.

Pour toutes ces personnes, voici à J-1 quelques conseils (tout à fait personnels) pour aborder les fêtes avec un poil de sérénité et DÉ-CUL-PA-BI-LI-SER.

Choisissez vos combats.

La 8e papillote d’affilée à 15h, le menu blinis-apéricubes-bûche qui n’a d’équilibré que les quantités avalées à parts égales, la bain décalé au lendemain, … Le lâcher prise est de mise.
Il sera bien temps d’ici 8 jours de prendre de nouvelles résolutions.
Comment leur demander de rester assis sagement à table quand cela fait déjà 3 fois en moins de 5 min que belle-maman se lève pour aller chercher un truc en cuisine et qu’à 14h30 on débarrasse l’entrée ?
L’agitation est suffisamment présente pour ne pas en rajouter.
Misez sur la paix, les bons moments partagés, les 850 pièces de Lego à monter sans s’énerver et la dinde à digérer. Réussir à passer Noël sans trop de turbulences est en soi un exploit. Ne soyez pas trop exigent(e) avec vous-mêmes.

Attention aux fondamentaux.

Miser sur la paix va notamment de pair avec le fait de respecter le quota de sommeil nécessaire à l’enfant pour ne pas être à la merci de ses émotions.
Oui c’est fête, c’est Noël et c’est une fois par an. On en profite et on se fait plaisir, c’est à espérer. On se couche tard, on s’éternise à table tandis que les enfants regardent leur 2e DVD, on remet ça plusieurs fois au besoin – le temps de faire le tour de la famille – ça change du quotidien et ça fait du bien.
Attention néanmoins aux effets secondaires sur les comportements des enfants, pas toujours en adéquation avec notre propre fatigue.
Et surtout, à ne pas leur reprocher des comportements contrôlés par leur l’énervement, leur manque de sommeil et les routines toutes chamboulées : quelle que soit la date inscrite au calendrier, leur besoin de cadre, de repères et leurs besoins physiologiques, eux, n’ont pas bougé.

Non, il/elle n’est pas malpoli(e) s’il/elle refuse les câlins de l’oncle Roger ou d’embrasser Tata Jeanette.

Certes, cela nous rassurerait sur le côté sociable et bien élevé de notre progéniture.
Pour autant, forcer nos enfants à embrasser des adultes qu’ils n’ont pas l’habitude de croiser le reste de l’année et à accepter les câlins de tous ceux qui les trouvent « à croquer » n’est pas anodin sur le message que l’on fait insidieusement passer.
Il devient en effet difficile d’expliquer par la suite qu’en matière d’intimité et de proximité, lorsque l’adulte réclame, il ne faut pas toujours accepter.
Que le corps est une affaire personnelle qui relève du respect de soi et du consentement.
Notions suffisamment délicates à aborder en tant que parent et à appréhender pour l’enfant pour leur demander, en prime, de faire la nuance entre « forcer » et « forcer ».

Car une fois encore en matière d’éducation, c’est de nos réactions et de nos reproches que découle leur manière de voir le monde, d’aborder les relations et de juger de ce qui est « normal » et de ce qui ne l’est pas. Alors autant s’éviter une crise pour ça.

Quand une émotion nous envahit, elle inhibe notre capacité à raisonner, à prendre du recul et à rester calme. La joie (i.e l’excitation) est une émotion.

On a souvent en tête l’image de la colère à apaiser, de la tristesse à consoler, avec l’évidence que « tant que l’enfant ne sera pas calmé il n’y a pas grand-chose à en espérer ». Il en va de même avec l’euphorie et l’excitation qu’elle génère.

Si un enfant vous semble tout à coup monté sur ressorts ou en proie à un tourbillon d’idées à la minute sans arriver à se fixer, il est urgent de le « reconnecter » à son cortex pré-frontal, pour lui permettre de retrouver toutes ses capacités d’analyse, de raisonnement, de prise de recul, d’empathie… Tant que l’émotion « déborde », elle prend le pas sur sa capacité d’écoute, de patience et de compréhension d’une situation.
En redirigeant l’enfant vers une activité qui lui permet en premier lieu un retour au calme, on évite que l’ambiance dégénère : écouter de la musique, colorier, lire une histoire, … A noter que pour certains enfants au contraire, il sera d’autant plus facile de se calmer qu’ils auront pu se mettre en mouvement. Enfiler des bottes et courir dans le jardin, shooter dans un ballon, faire des tours de corde à sauter… Laisser sortir le trop plein pour mieux se poser ensuite.
Selon les moyens du bord (coincés dans le salon de l’appartement de Mamie Lucette par exemple), il n’est pas toujours évident de réaliser l’activité de retour au calme appropriée.

Des petits exercices de respiration peuvent s’avérer utiles pour commencer : inspirer et expirer en suivant la bille qui monte et qui descend sur une appli smartphone de cohérence cardiaque, poser la main sur son nombril et gonfler son ventre comme un ballon de baudruche à mesure qu’on inspire… Tout ce qui permet de revenir à la conscience de soi et du corps, qui ramène à l’instant présent en canalisant la tempête des pensées et des gestes.

Attention toutefois aux faux amis qui donnent l’impression de tempérer l’enfant et de le calmer, assagit par le sucre, scotcher qu’il est devant l’écran… alors qu’il emmagasine en réalité d’autant plus d’excitation et de tensions qui rejailliront plus tard.

Quitte à être coincés là, et si c’était l’occasion de ralentir ?

C’est l’hiver, il fait nuit, il fait froid.
Si on a eu la chance d’échapper aux microbes jusque-là, il serait ambitieux de croire que l’on passera les vacances à l’abri . Le combat est permanent et plus on est fatigués, plus nos défenses immunitaires sont mises à mal.
Côté crise de foie, au mieux on remet ça dans une semaine, au pire c’est le marathon.
Dans cette période sans trêve, il est urgent de s’économiser, de cultiver le fait d’ « être » plutôt que de faire.

Et si dans la course effrénée des fêtes de fin d’année, on choisissait de se poser ?
De limiter les objectifs de la journée au cocooning : moment de jeu avec les enfants, plaid et chocolat chaud, etc. En remettant le reste de nos ambitions à l’année prochaine.
Si entre chaque réunion de famille on profitait d’un jeûne/relationnel, savourant le silence et la tranquillité devant un bon plateau TV ?
Pour qu’au moment du bilan de l’année, on se dise qu’un fois au moins on a su ralentir et s’économiser.
Et si en prime, comme moi, vous avez l’audace de combiner à tout cela votre anniversaire, je vous souhaite avant tout de prendre soin de vous à chaque occasion qui se présentera.

Que les fêtes de fin d’année résonnent pour vous avec envie ou survie, je vous souhaite avant tout de créer des souvenirs en famille auquel il vous fera plaisir de repenser encore et encore, au fil des années.

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