Pourquoi cette période avec enfants à la maison n’a rien d’un air de vacances

A l’idée de rester plusieurs semaines à la maison avec nos enfants, nous pourrions nous réjouir, savourer la chance que nous avons d’avoir tout ce temps à passer ensemble, bénir cette occasion rêvée de partager des activités, nous qui courons toute l’année et attendons les vacances avec impatience pour, enfin, se retrouver en famille.

Sauf que dans la réalité, nous voilà surtout nombreux à être angoissés à l’idée de cohabiter H-24, paniqués de devoir les occuper de 8h à 20h alors que les parcs d’activités sont fermés, que les mails et les coups de fil pro vont continuer de tomber tandis qu’il y aura la « continuité pédagogique à assurer ».

Bref, qu’il va nous falloir tout gérer.

Alors quoi, on ne sait pas ce qu’on veut ? On n’est jamais satisfait ? On ne sait faire que râler ?

Non cette appréhension des semaines à venir n’a pas à faire resurgir notre vieille copine la Culpabilité (mais ouiiiii on les aime quand même…).
Elle est au contraire on ne peut plus légitime et pour cause, les semaines à venir sans écoles, ni collège, ni crèches, ni lycée, n’ont rien d’un air de vacances prolongées.

Parce qu’on n’a rien demandé

Cette « pause » forcée, par définition, on ne l’a pas choisie.
Si le changement est par nature inconfortable, pour tous les repères qu’il bouscule et les questions qu’il amène, lorsqu’il est « subi » (et non souhaité), les effets indésirables en sont d’autant plus amplifiés.
En ajoutant à cela la dimension anxiogène du contexte actuel – aussi bien sanitaire qu’économique – il y a de quoi douter de notre sérénité les jours qui viennent.

Voilà pourquoi le sentiment partagé par beaucoup d’entre nous est celui d’être « coincé » là plutôt que celui de pouvoir enfin passer du temps avec nos enfants – de notre plein gré.

Parce qu’on nous demande d’être « multi tâches », pas forcément compatibles entre elles.

Dans télétravail, il y a « travail » et ce n’est pas pour rien.
L’idée du télétravail est de pouvoir bosser à distance, hors des murs de l’entreprise, depuis chez soi ou d’ailleurs.
A la base, les enfants ne sont pas en train de nous tirer la jupe ou d’appeler « Paaappaaa » du fond des toilettes tandis qu’on gère un coup de fil client.
Se rajoute à cela le besoin d’assurer le suivi des cours manqués et alors là, bon courage pour tout piger du programme de maths ou de physique-chimie de nos ados.

Du coup entre la charge mentale générée et la discipline olympique que cela va demander, y a de quoi baliser.

Parce que notre équilibre est mis à mal

Nous ne sommes pas tous des « parents au foyer » nés.
Avec l’envie et la vocation de savoir gérer toute la journée notre tribu, du lundi matin au dimanche soir inclus.
La notion d’équilibre est en cela personnelle et s’abstient de tout jugement : certains cherchent à passer un maximum de temps à la maison, d’autres savent que la qualité des moments passés avec leurs enfants vient de leur épanouissement professionnel et qu’elle n’est pas une affaire d’heures passées à jouer au Playmobil® ou à colorier des mandalas.
Or pour les semaines à venir, nous voilà plus ou moins tous dans le même bateau, quels que soient nos besoins de départ.

Il va falloir composer avec notre stress, notre frustration, notre fatigue en essayant que cela n’abîme pas trop, par effet miroir, le lien et les relations à la maison.

Parce que (presque tout) est fermé pour les occuper.

Ni centre de loisirs, ni parc de jeux, ni piscine… même Disneyland a fermé !
L’une des inquiétudes premières des parents se résume à : mais à quoi va t-on les occuper ??? Alors certes, on peut toujours doubler son abonnement Netflix mais 7 semaines d’écran, on risque d’en payer le prix fort en terme de comportements et de « dégâts » sur nos enfants.
Il va falloir repenser nos activités, miser sur le plein air tant que la météo le permet et redoubler d’inventivité.

C’est le moment des échanges de bonnes pratiques et de bonnes idées, tutos et compagnie.

Parce que ce n’est pas l’été

Côté météo on ne peut pas franchement envisager de pique-niquer sur la plage en papotant tranquille avec les copines pendant qu’ils jouent des heures durant au bord de l’eau à faire des pâtés. Encore une fois, nous voilà dans les cogitations pour improviser et s’adapter. Pour ne pas finir avec des lions en cage prêts à démonter le salon, le canapé et tout ce qui se trouve à leur portée.

Et puis il faut admettre que, même l’été, on n’ose pas forcément prendre 7 semaines de congés d’affilée avec la logistique que cela entraîne : repas matin-midi-goûter-soir, courses, gestion de crises, etc.

Parce qu’on ne peut même pas voyager

On pourrait imaginer transformer les contraintes en opportunités, trouver des billets à prix cassés hors vacances scolaires et tout et tout… Ben non.
Tout est bloqué et le monde entier (ou presque) prend les mêmes mesures de restriction.
Donc voilà, voilà, on attend sagement que ça passe et on étudie, pourquoi pas, l’idée de déménager à la montagne ou au bord de la mer afin d’avoir un coin d’évasion à portée de main, quels que soient les événements extérieurs.

Et pour autant, malgré toutes ces contraintes imposées, nous avons (encore) le choix de « transformer ». D’entraîner nos capacités de résilience et notre pensée positive, pour voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Les périodes de « crise » sont également des terrains formidables d’exploration, des temps propices à l’introspection, qui font appel à notre créativité et nous invitent à nous recentrer. Une période difficile dont nous pouvons ressortir « grandis » en ayant fait un pas de plus, vers l’autre et vers nous-mêmes.

Laure Hamel

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