Chronique d’un parent confiné #4

On est d’accord, c’est l’occasion ou jamais.
Qu’il comprenne (mieux, qu’il vive !) mon quotidien, ma vie à moi.

Cette vie que je considère à l’opposé de la sienne, lui qui est toujours parti à droite à gauche « pour le boulot », injoignable en cas d’appel de l’école « coincé en réunion », jamais disponible pour les conduire aux activités « avec encore un client à gérer avant de rentrer ».

Cette vie que j’ai choisie, à la maison, pour voir mes enfants grandir, pour leur donner tout ce que je pourrai et les voir heureux et qui m’enlève le droit de me plaindre.

C’est lui qui fait bouillir la marmite comme on dit, c’est lui qui nous « amène en vacances » du coup, même s’il ignore parfois la destination tant je me suis chargée de tout de A à Z.

J’ai le secret espoir que cette période nous rapproche.

Que lorsque je lui parlerai de fatigue désormais, il ne me regardera pas d’un air de dire « Fatigue de quoi au juste ?  Je te retrouve au même endroit que je t’ai laissée ce matin ».

Qu’il comprenne que ce que je veux dire par «  Je n’ai pas réussi à souffler 2 min » n’a rien à voir avec le fait que je ne sais pas expirer en comptant jusqu’à 60.

Que tout ce dont j’aurais besoin par moment c’est de « prendre l’air loin de la maison » et que ça ne remet pas en cause tout l’amour que j’ai pour eux ni que je les voulais vraiment ces 3 enfants.

Que j’aimerais tellement me sentir d’égal à égal le soir quand on se raconte nos journées mais que je n’ose pas parler de l’enchaînement école-courses-lessive-repassage qui a rempli ma matinée à côté de ce qu’il vit. Qu’est-ce que ça a d’intéressant ?

Que lorsque je me sens débordée en étant hyper organisée ça déborde de partout jusqu’aux larmes et qu’il ne s’agit pas d’un problème d’organisation.

Que je doute parfois. De moi, de ce que je fais, de ce que je vaux, de ce que donne, de ce que je mérite, de ce dont je suis capable, de ce qui me convient vraiment, de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas.

Que je me perds en route ne sachant plus trop qui de la mère, de l’épouse, de la ménagère je suis vraiment. Moi la femme.

Je ne sais pas si je rêve toute seule dans mon coin ou s’il y a des chances que tout cela se produise.
J’ai envie de croire qu’il y aura un avant et un après à ce virus et que ça en fera partie.

Récit de Sandrine

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