Tu m’obéiras… Ça vaudrait mieux pour moi.

Dans les rapports de force qui se jouent à la maison et les tensions qu’ils génèrent (autant entre parent et enfant que dans le couple parfois) se pose régulièrement la question de l’autorité. En soulevant au passage les notions d’obéissance et de crédibilité.

« C’est moi l’adulte et lui l’enfant, qui est-ce qui décide ? »
« Si c’est moi qui cède je passe pour qui hein ? »
« Mieux vaut canaliser tout de suite ses excès de caractère sinon bonjour l’adolescence avec celle-là! »

Tant de mythes et de peurs persistent autour de l’obéissance attendue de l’enfant à l’adulte.

Face aux crises et colères tonitruantes, dans l’attente que l’enfant sache réguler ses émotions et apprenne à gérer sa frustration, qu’est-ce qui nous amène à penser que notre place d’adulte et notre constance pourraient être remises en question ?

Au yeux de qui craignons-nous de perdre notre légitimité et notre autorité ?

Le risque à viser l’obéissance, est de finalement contraindre l’enfant à nous respecter (et donc surtout, à nous craindre) plutôt que de lui inspirer un respect mutuel : je te respecte, je me respecte et je te donne envie de me respecter.

« Je me prenais de bonnes roustes quand j’étais insolent. Au moins je savais que j’étais allé trop loin et j’en suis pas mort ! »

Certes puisqu’il reste quelqu’un pour en témoigner.
Et quelle image alors ce parent-là a t-il de ses parents à lui ? Que pensait l’enfant des adultes près de lui ? De la manière dont fonctionnent les relations dans le monde qui l’entoure ?

Si le cadre est important, porteur de nombreux repères pour grandir en sécurité, si nous avons des principes qui nous sont chers et des valeurs auxquelles nous tenons, cela ne signifie pas que nous remettons tout en cause dès lors que nous essayons de comprendre la vision et les ressentis de l’autre et de notre enfant en particulier, aussi différents soient-ils de notre propre perception de la situation.

Cela s’appelle l’empathie : faire l’effort de voir la situation avec les yeux de l’autre pour mieux se comprendre et choisir d’agir en fonction.

A l’obéissance nous pouvons ainsi préférer la coopération. Avec l’idée que nous sommes capables, petits et grands, d’avancer vers un intérêt commun quelles que soient nos divergences de départ.

L’enfant apprend par imitation et cela vaut également pour ce qu’il comprend des interactions sociales, de la manière dont on se parle et dont on se comporte : en famille, à l’école, dans la rue, entre amis, … Il prend ainsi modèle sur nous et sur les autres adultes référents à sa portée.

Pour autant, en matière de relations sociales et d’éducation les choses sont bien plus complexes que certains raccourcis tentants… L’effet miroir n’explique pas tout d’emblée, encore faut-il comprendre quelles interprétions l’enfant a pu faire de différentes situations, quelles conclusions il en a tiré et quels sont les moyens de réagir à sa portée.
Si l’enfant est en proie à de grandes colères, cela ne signifie pas forcément que nous nous comportons avec lui de la sorte !

La responsabilité que nous avons face à la manière dont, à son tour, il se comportera socialement peut ainsi, non pas nous accabler, mais nous inviter à progresser, à repenser certaines manières de faire dans nos relations aux autres.

Car cela veut dire que nous avons aussi l’incroyable privilège de pouvoir montrer à nos enfants le monde tel que nous aimerions qu’il soit et qu’ils le perçoivent.

Laure Hamel

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