Disputes entre frères et soeurs : je gère comment ?

>> REPLAY de l’émission du 26 janvier en ligne : https://www.francebleu.fr/emissions/le-dossier/normandie-rouen/disputes-entre-freres-et-soeurs-comment-gerer

Les conflits dans la fratrie font partie de la vie de famille, de l’apprentissage du vivre ensemble et du partage. S’ils peuvent être pénibles à supporter pour nos nerfs et nos oreilles, ils sont l’occasion de développer des compétences utiles à la maison et en dehors en matière de communication, de coopération et de recherche de solution… A condition que notre manière de réagir face aux disputes les aide en ce sens.

Or pour que les cris cessent et éviter que cela ne dégénère, nous avons une tendance naturelle à intervenir cherchant à rétablir justice et équité, les privant ainsi d’une opportunité d’apprentissage en situation réelle. Qu’il s’agisse d’envoyer tout le monde dans sa chambre sans chercher à comprendre comment tout ça a commencé ou de prendre partie pour l’un ou pour l’autre, le fait d’intervenir au coeur d’un problème qui n’est pas le nôtre risque surtout de déclencher d’autres réactions en retour et d’alimenter in fine les sujets de dispute.

Entre sentiment d’injustice pour celui qui considèrera être accusé à tort, le poids mis sur l’ainé.e dont on attend quoi qu’il en soit qu’il montre l’exemple, l’enfant que l’on défend qui risque de se complaire dans le rôle de la victime qu’on console… Notre réaction n’est pas neutre même si notre intention était le retour au calme aussi vite que possible.

Alors que faire ? Comment réagir au plus « juste » ?

D’abord en sachant que 2 disputes sur 3 ont pour enjeu d’attirer l’attention du parent sur soi et de le rallier à sa cause. Autrement dit, sans réaction émotionnelle de notre part, sans réussir à nous faire prendre parti, il devient beaucoup moins intéressant de s’épuiser à s’écharper. Devant qui gémir et protester ? A quoi bon se plaindre si personne ne nous entend ?

Ensuite, en considérant que les pistes proposées ci-dessous en Discipline Positive s’entendent une fois les enfants hors de tout danger – l’autonomie dans la gestion des conflits a ses limites – et dans le respect du fondement de cette approche éducative, c’est-à-dire en alliant bienveillance et fermeté : je vous respecte en tant qu’enfants et je me respecte en tant qu’adulte. Alors que propose la Discipline Positive ?

« Sortez »

L’idée est de leur faire comprendre que si eux ont décidé de régler leur différend comme cela (cris, disputes, bagarre, …) vous n’avez pas à le subir pour autant. Que si vous décidez de quitter la pièce, c’est pour respecter votre besoin de tranquillité ET parce que vous les savez assez grands et intelligents pour trouver une solution seuls. Ils pourront d’ailleurs venir vous raconter comment ils ont réussi à s’entendre et à trouver une issue favorable au conflit. Ils pourront en être fiers et vous aussi.

« Sortez-les »

Sachant que lorsque la colère prend le dessus (ou tout autre émotion), la partie de notre cerveau capable de prendre du recul, de comprendre l’autre et de chercher une solution est sur « off », vous pouvez également leur demander d’aller d’abord prendre un temps de pause – ensemble ou séparément – pour prendre soin d’eux et retrouver leur calme avant de s’entraîner à coopérer. Il est différent d’envoyer tout le monde dans sa chambre d’un ton exaspéré considérant que c’est la même sanction pour tout le monde, et d’apprendre à ses enfants de ne pas abîmer les liens et la communication lorsqu’on n’est pas en état de se parler et de s’écouter de toute façon.

« Soutenez-les »

Apporter son soutien et montrer que l’on a confiance en eux pour gérer cette situation et trouver une solution nécessite pas forcément de grand discours. Par votre regard bienveillant et ce que vous vous retenez de dire au contraire, votre présence peut être rassurante et aidante. En montrant que vous ne cherchez pas à intervenir ni à prendre parti mais que vous restez là pour eux, ils apprennent à apaiser les tensions de manière autonome et sans se sentir jugés.

NB : si vous êtes témoin d’une réelle injustice ou d’une manière de faire que vous considérez non acceptable, vous pouvez en tête à tête aller voir vos enfants et en reparler avec eux individuellement, afin de les aider à mettre des mots sur leurs ressentis – tant pour pour celui qui a été malmené que pour celui qui s’est comporté de manière inapproprié – en les invitant à réfléchir à ce qu’il pourrait faire de différent la prochaine fois.

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