Cultivons notre satisfaction

La crise Covid s’éternise et avec elle notre moral s’épuise, atteint par un effet de lassitude et une panoplie d’émotions à gérer, les nôtres mais aussi celles de notre entourage – personnel et professionnel – parfois.

A l’anxiété et la morosité ambiantes s’ajoute notamment la sensation quasi permanente de manque. Entre colère, déception, tristesse et frustration, nos désirs et nos projets sont rarement satisfaits face au lot de contraintes et d’interdits qui nous sont imposés. Il nous faut alors annuler, reporter, éviter, ce qui nous ferait du bien et nous permettrait d’y voir un peu plus clair pour demain.

L’émission « Grand bien vous fasse » d’Ali Rebeihi en parlait très justement cette semaine (https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-01-fevrier-2021) évoquant « l’absence de direction » qui hante nos planning et notre organisation. A 8 jours près, nous ne savons pas où nous allons.

Or prévoir, organiser, c’est déjà se projeter dans l’existence d’un futur plus ou moins proche mais d’un futur quand même, que l’on se plaît à imaginer, qui nous évade du quotidien et donne du sens à nos efforts ici et maintenant. Sans savoir où nous allons ni quand nous y allons, nous perdons de vue l’objectif de nos journées. Ou plutôt, celui que nous arrivons à trouver n’a rien de très satisfaisant : être rentré.e avant 18h, avoir croisé un minimum de personne, caser les courses entre midi et deux, sauver son job, croiser les doigts pour que l’école ne ferme pas, …

Lorsque nous essayons d’être un poil plus ambitieux, nous prenons le risque de voir nos espoirs d’évasion et de détente déchus. Reste alors l’option de rêver grand, de rêver loin, mais de rester passifs et las d’un horizon qui semble ne jamais se dégager.

Et si, le temps que se calme la pandémie, nous redessinions nos objectifs ?

Pour ressentir à nouveau la satisfaction du but accompli et le plaisir d’avoir réussi, d’avoir pu se fixer un point et de l’avoir atteint. Garder l’élan, continuer de se mettre en mouvement en visant des objectifs simples mais plaisants, accessibles mais motivants.

« En me levant ce matin, qu’est-ce qui me ferait plaisir à être réalisé dans la journée ? » « De quoi aimerais-je être satisfait.e ce soir en me couchant ? »

Si nous n’avons pas la main sur les contraintes qui nous pèsent, nous avons le pouvoir de nous tourner vers tout ce qu’il reste possible de faire. Un article à lire en retard ? Un coup de fil qu’on a toujours pas pris le temps de passer ? Une recette qu’on aimerait essayer ? Une balade improvisée ?

De quoi pouvons-nous jalonner nos semaines et nos soirées pour ressentir à nouveau le contentement des caches cochées ?

En revoyant nos ambitions à la baisse quelques temps, nous revoyons notre satisfaction à la hausse. Il ne s’agit pas d’arrêter de rêver, de suspendre tout projet mais de se fixer des étapes intermédiaires : « D’ici à ce que je parte en voyage, qu’est-ce qui me ferait plaisir d’avoir réussi ? », « Qu’est-ce qui me rendrait fiere de moi d’ici ce week-end ? », …

Semons des graines de réalisation et cultivons – à travers ce futur en friche – notre satisfaction.

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