Pourquoi ce type d’accroche marketing me hérisse le poil…

Accrocheurs et pousse-au-clic, ce genre de titre rencontre beaucoup de succès auprès des parents fatigués de se faire entendre, qui rêvent de trouver en un atelier la solution à leur patience usée.

On y perçoit le rêve que l’enfant s’exécute sans avoir besoin de répéter inlassablement ce qu’on lui a demandé, avec le sourire et sans-traîner-des-pieds-s’il-vous-plaît.
Mais surtout, on y lit la promesse qu’il existe une méthode secrète imparable que « l’éducation positive » vous révèlera pour une parentalité sereine assurée.

Et c’est bien cette idée qui me dérange et à laquelle je refuse d’adhérer…

Parce que l’éducation dite « positive » est une démarche éducative, pas un outil baguette magique.

Le monde dans lequel nous élevons nos enfants n’est plus le même qu’il y a 20 ans et OUI, les neurosciences combinées à certaines approches d’éducation positive (pas toutes…) apportent des clés précieuses pour faciliter la communication et apaiser les relations à la maison.
A condition que l’on en comprenne le sens et les principes.
Que l’on change parfois son regard sur l’enfant, que l’on accepte de repenser nos modèles éducatifs et la notion d’autorité si nécessaire, que l’on se sente aligné.e avec les valeurs qui sous-tendent la démarche.

Prendre l’éducation positive pour un outil qui s’applique copié-collé dans n’importe quelle famille, pour n’importe quel enfant en quelques trucs et astuces, c’est oublier que le principal ingrédient de tout changement, c’est d’abord le temps.

Parce que si le fond de ce que l’on recherche, c’est l’obéissance, cela n’a rien à voir avec une éducation positive, ferme et bienveillante.

Parmi les changements de regard auxquels invite l’éducation positive (et à ce titre je ne pourrais que conseiller mille fois l’approche de la Discipline Positive), on trouve la notion de respect et de coopération en lieu et place de l’obéissance et de la soumission.
Ce type d’accroche marketing repose donc, de fait, sur l’inverse de ce qu’il est important de comprendre si l’on souhaite que les choses s’arrangent à la maison !

C’est conforter les parents dans l’idée que la clé est d’arriver à se faire obéir : je dis et l’enfant exécute.
Là est mon autorité, ma crédibilité en tant qu’adulte, ma sécurité de maîtriser la situation.
Alors qu’à partir du moment où ce qu’on l’on recherche chez l’enfant c’est l’envie d’aider, la motivation à agir, le plaisir de participer et la capacité à faire tout seul ALORS on ouvre le champ des solutions et des alternatives aux cris et à la punition.

Le levier de l’obéissance est la peur : que va-t-il se passer si je désobéis ?

Fonder des relations sur la compréhension des besoins de chacun et la coopération, c’est développer le respect mutuel (Je TE respecte & je ME respecte) et cultiver l’empathie : même si je ne vois pas les choses de la même manière que toi, même si je ne suis pas d’accord, je comprends en quoi c’est important pour toi / pour la situation / dans mon intérêt personnel et j’agis dans le sens qui fait avancer les choses.

Parce que crier, c’est parfois simplement humain.

Quand l’énervement monte, que la fatigue se fait sentir et que l’on est à cran, nous n’avons plus accès – biologiquement parlant – à notre capacité d’écoute et de prise de recul.
La partie de notre cerveau capable de nous faire relativiser, de rester dans l’empathie et la bienveillance est tout simplement sur « off », nos émotions ayant pris le contrôle de la situation et de nos réactions.

Plus nous apprenons à reconnaître les signes montrant que nous atteignons nos limites, plus nos apprenons à faire une pause et à nous faire du bien pour nous reconnecter à nous-mêmes, plus nous éviterons les crises et les cris à la maison car nous aurons pris soin de récupérer – avant toute discussion – nos facultés d’écoute et de compréhension.

N’empêche… Selon la journée que nous avons eue, notre mauvaise nuit de la veille, des mots, des événements qui nous ont touchés, il peut nous arriver encore de crier…

Et l’enjeu – pour éviter d’abîmer les liens et de dégrader l’ambiance à la maison – n’est pas de ne plus jamais crier ou de culpabiliser d’avoir crié, mais de savoir quoi faire si ça nous arrive.
Comment j’en reparle à tête reposée avec mon enfant ?
Comment j’évite que ça se reproduise en comprenant ce qui s’est passé, en prenant plus soin de moi, ?…
Comment je m’en saisi comme une opportunité d’apprentissage, un moyen de montrer qu’il arrive de faire des erreurs et que l’important est de savoir demander pardon et réparer ?

Bien sûr que lorsque nous demandons quelque chose et que l’enfant fait ce qu’on lui demande en quelques secondes sans broncher, la vie est plus simple.
Demandons-nous juste un instant si nous souhaitons y arriver parce que l’enfant répond docilement à nos attentes ou parce qu’il a compris en quoi c’était utile pour nous, pour lui, pour la vie.

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