Télétravail AVEC enfants : y a comme un air de déjà-vu…

Comme dirait ma fille : « C’est parti mon kiki ! »

Jour 1 de ce nouveau marathon où l’endurance et le mental sont de mise lorsqu’il s’agit de travailler avec enfants à domicile.

La respiration s’avère également un élément clé pour réussir dans cette nouvelle discipline olympique qu’est le don d’ubiquité. D’autant qu’à l’arrivée, pas sûr qu’on puisse avoir un temps de récupération digne de l’effort fourni (genre évasion d’une semaine au soleil en amoureux ou resto entre copines deux fois par semaine pour souffler).

Si la parentalité est une aventure complexe et éprouvante, en période de pandémie elle s’apparente plus à Koh Lanta qu’à Fort Boyard. Les défis et difficultés sont décuplés, la fatigue s’intensifie de jour en jour, les nerfs à fleur de peau viennent mettre à mal l’esprit d’équipe : mode survie activé.

Et ce ne sont pas les réactions de certains employeurs qui aident à gagner en sérénité.

Ce confinement anniversaire à comme un goût amer, dans un contexte où les parents sont déjà sous tension. Car si le télétravail peine à se généraliser, l’usure psychologique elle, l’est déjà depuis un moment.
Depuis quelques jours, je lis sur les réseaux et au fil des messages de parents que je reçois, l’angoisse des trois semaines à venir avec tout ce qu’ils craignent de revivre. Si certains se réjouissent – heureusement il y en a ! – d’avoir de nouveau du temps en famille, les annonces de mercredi dernier ont réveillé pour beaucoup le souvenir d’une expérience éprouvante à tendance schizophrène, la mémoire des cris et des tensions d’un quotidien fait de répétition.

Et c’est bien ce qui fait toute la différence avec cette nouvelle fermeture des crèches et des écoles : cette fois, nous savons.
Fini l’innocence et l’effet de surprise, plus possible de miser sur la découverte ou l’état de sidération qui inhibe notre réflexion. Cette fois-ci nous n’étions pas au resto ni au ciné 3 jours avant. Le goût de la fête est déjà loin.

Conscients de la charge mentale qui va de nouveau s’imposer à de nombreux parents, plusieurs articles sont parus ces derniers jours, porteurs d’astuces et de conseils pour gérer au mieux nos prochaines journées 3-en-1.
Si les pistes sont souvent intéressantes, reste à savoir comment les mettre en pratique dans la réalité. D’autant que dans la forme, on retrouve beaucoup d’injonctions avec le sentiment inconscient que si avec tout ça on n’y arrive pas, c’est vraiment qu’on n’est pas doué ou qu’on manque de bonne volonté.

Petit échantillon relevé…

« Levez-vous deux heures plus tôt que d’habitude pour effectuer les tâches qui demandent concentration et tranquillité avant que les enfants soient levés : rédigez les mails et lisez les documents importants, organiser vos tâches de la journée … »

Alors… Les parents d’ados ont peut-être une chance de s’en sortir vivants en misant sur un lever de paupières de leur progéniture passé 10h mais pour ceux et celles dont le dernier né est sur le pied de guerre à 6h45, on fait comment ? Car personnellement c’est mon cas et je peux vous jurer qu’à 4h45 il ne vaut mieux pas que j’écrive un mail à moins que les insultes y soient les bienvenues. Même avec du café en intra veineuse.
Surtout si je me suis couchée à 1h du matin pour boucler ce que je n’aurais pas pu faire entre 16h et 21h faute d’enchainer goûter – jeux – fatigue de fin de journée – bain – diner – brossage de dents – histoires du soir – coucher.

« Faites-en moins, acceptez de ne pas être aussi productif que d’habitude ».

Mais oui tiens, pourquoi chercher des solutions compliquées quand il y en a de si évidentes ?
« J’y ai pensé, bizarrement c’est mon patron qui semble moins convaincu » m’a dit une maman qui avait manifestement lu la même recommandation.
Entre la crainte de perdre son emploi dans un contexte économique fragilisé, la pression mise par certains managers – eux-mêmes sous la pression des objectifs financiers – et la culpabilité de ne pas être à la hauteur des responsabilités qui nous sont confiées, il n’est pas si facile de lâcher prise et d’assumer tranquillou d’en faire moins que d’habitude en attendant des jours meilleurs.

« Confiez des missions aux enfants pour les occuper ».

Il y aurait bien la cave à ranger et toutes les affaires d’hiver à trier dans les placards mais je ne suis pas sûre qu’entre 2 et 8 ans il s’agisse d’activité spécialement appropriées.
Pour autant, mon inquiétude ne vient pas tant du fait de trouver une idée adaptée à leur âge que de leur capacité à m’inclure dans ladite activité en dépit de toute l’autonomie acquise pour la réaliser. « Mamaaaan…. Ils sont où les ciseaux ?… », « MAAAMAN !… Y a plus de feuilles ! », « Maman t’as vu ma construction ?, « Maman, regarde mon puzzle », « Mamaaaan… J’ai envie de faire pipi » …

« Se partager les tâches ».

Ne convient pas : aux parents solos, au couple dont l’un des deux fait parties des professions prioritaires, aux commerçants, aux enseignants, aux journalistes, aux routiers, etc.
Par ailleurs, même hors période de confinement, cela reste souvent un point de tension au sein des couples qui peinent à mettre en place une plus juste répartition des tâches et des responsabilités à la maison. Sans doute un tel conseil sera plus facile à appliquer pour les familles déjà entraînées…
On peut toutefois rêver d’en faire une opportunité d’apprentissage pour ces messieurs (Ah bon ? J’ai dit « messieurs » ?  Ça m’a échappé… Désolée). Un stage d’initiation avant perfectionnement.

Je terminerai par mon préféré :

« La question des tout-petits (moins de 4 ans) ».
« Ils exigent une surveillance constante. Il faut donc sécuriser son espace de vie le plus possible et au final transformer votre appartement en crèche. Le petit enfant peut partager l’espace de travail des parents à condition qu’il y trouve tout ce dont il a besoin. Cela permet de garder constamment un oeil sur lui. Et n’oubliez pas de changer régulièrement ses jouets pour éviter qu’il ne se lasse. »

Le premier qui m’explique comment télétravailler avec des enfants en bas âge à moins d’un mètre de l’ordinateur, sous une surveillance constante et en changeant régulièrement leurs jouets aura toute mon admiration et toute ma gratitude.

Chers parents, sachez que pour ma part je ne doute pas d’une chose : vous faites de votre mieux et c’est déjà très bien ! Et pour la période à venir, je vous invite avant tout à prendre soin de vous.

Vous pouvez par exemple faire la liste des petites choses qui vous font du bien (écouter de la musique, prendre un bain, chanter, regarder une série, cuisiner votre plat préféré, appeler un ami, …) et piocher au moins 1 idée par jour, même pour 10 min.
Autant que possible, essayez de prendre l’air une fois par jour. Même pour rien, seul ou non, même juste le pâté de maison mais être hors de la maison quelques minutes, changer de décor et respirer un autre air.
Tentez au maximum de ne faire qu’une chose à la fois. Découper son cerveau en 3 ou 4 tâches d’un coup est nerveusement éprouvant.
Si c’est un moment avec les enfants, essayez de poser loin votre ordinateur et votre téléphone, si c’est un moment qui nécessite de travailler concentré, ne culpabilisez pas trop d’avoir allumé la télé ou donné 2 petits-beurres juste avant le déjeuner pour les faire patienter.

Et surtout, félicitez-vous de chaque journée accomplie. Vous êtes DÉJÀ de super parents !

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