Chronique d'un parent confiné #2

C’est sûr qu’il y a les mauvais côtés : on ne peut pas sortir ou on est obligé de choisir ses sorties avec parcimonie tout du moins.

On fait des petites courses de temps en temps à la supérette du coin pour ne pas trop s’éloigner. On a la chance d’avoir un jardin heureusement, pour les enfants ça change tout.

Mais il y a les bons aussi. Se retrouver tous ensemble. Mine de rien, ça n’arrive pas souvent. Pouvoir faire l’école aux enfants. J’adore. Et puis faire des activités avec eux pour lesquelles on n’a pas forcément le temps… Quand tout va bien.

Côté boulot, entre un soignant et un agent SNCF, pas le choix, nous continuons tous les deux de travailler.

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Chronique d'un parent confiné #1

Je lis qu’elles sont heureuses, ravies, remplies de gratitude d’avoir tout ce temps inattendu à la maison auprès des enfants.

Je lis que c’est un cadeau, une chance de les voir grandir au quotidien.

Je lis que ce rôle de maîtresse improvisée les amuse, qu’il est gratifiant d’être dans cette posture de transmission de connaissances, qu’elles découvrent une autre manière de partager.

Je lis qu’ils font ensemble plein d’activités manuelles et de jeux de société, qu’elles redoublent de créativité parce qu’il y a tellllement de choses à faire autres que les écrans.

Je lis qu’il est bon de retrouver du temps pour lire, prendre un thé, regarder un vieux film.

Je lis que c’est le moment de se mettre au yoga, de trier ses vêtements inutiles, de tester de nouvelles recettes de cuisine.

Je lis qu’on peut même s’improviser un apéro en visio avec les copains et tchin ! à travers l’écran.

Les larmes viennent. De fatigue, de nervosité ou de culpabilité, je ne sais plus trop.

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Pourquoi cette période avec enfants à la maison n’a rien d’un air de vacances

A l’idée de rester plusieurs semaines à la maison avec nos enfants, nous pourrions nous réjouir, savourer la chance que nous avons d’avoir tout ce temps à passer ensemble, bénir cette occasion rêvée de partager des activités, nous qui courons toute l’année et attendons les vacances avec impatience pour, enfin, se retrouver en famille.

Sauf que dans la réalité, nous voilà surtout nombreux à être angoissés à l’idée de cohabiter H-24, paniqués de devoir les occuper de 8h à 20h alors que les parcs d’activités sont fermés, que les mails et les coups de fil pro vont continuer de tomber tandis qu’il y aura la « continuité pédagogique à assurer ».

Bref, qu’il va nous falloir tout gérer.

Alors quoi, on ne sait pas ce qu’on veut ? On n’est jamais satisfait ? On ne sait faire que râler ?

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Noël en famille : comment survivre aux fêtes sans trop de pertes et fracas ?

La formule consacrée veut que l’on se souhaite de « B.O.N.N.E.S » fêtes, un « J.O.Y.E.U.X.» Noël or, qu’on se le dise, l’affaire n’a rien de garanti.

Parce qu’au milieu des feuilletés apéro de tante Simone qui manquent de brûler pour cause de retard dans l’ouverture des huîtres, de la bûche aux fruits rouges renversée sur le canapé neuf de belle-maman et des enfants surexcités par le déballage imminent des cadeaux, Noël c’est aussi l’occasion privilégiée des règlements de compte familiaux, l’un des moments les plus sensibles pour la garde partagée et globalement, une période où le « trop » est à l’honneur : trop de sucre, trop de gras, trop de monde, trop d’agitation, trop de bruit, …

Les fêtes ont ainsi cette capacité à réunir autant qu’à diviser.

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Cherche enfant sage (désespérément)

A chaque fois que j’en entends parler, cet adjectif attise ma curiosité :

« Il est sage dites donc votre petit garçon »
« Tu seras sage hein ? »
« Ils sont très sages j’espère que cela va durer en grandissant »
« Qu’est-ce qu’il est sage ce bébé ! Vous avez de la chance !»

Hummm… C’est-à-dire ? C’est quoi un enfant sage ? C’est comment ?
J’ai tenté d’étudier la question afin d’éluder ce qui reste, pour moi, un grand mystère.

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Le manque de fermeté n’est pas (toujours) un excès de bienveillance

S’il y a bien une notion qui me tient à cœur lorsque l’on parle « d’éducation positive », c’est celle de bienveillance : « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » dit le Larousse.
Envers un enfant pour qui tout est découverte et apprentissage, notamment en cas d’erreurs et d’échecs, cela m’a toujours semblé essentiel.

La notion de « fermeté », que la Discipline Positive lie intrinsèquement à celle de bienveillance, m’a ainsi été plus difficile à appréhender  ; moi qui revendiquais l’écoute, la patience, l’empathie et autres souplesses d’approche envers l’enfant-qui-grandit.

Pourtant, au fil des années de pratique et d’observation, j’ai pris conscience des enjeux liés à cette fameuse « fermeté » et de son rôle indispensable pour une éducation réellement bienveillante.

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L’accompagnement parental ? #cestquoitonjob

NB : Un grand merci à Alice pour cet entretien dans le cadre de son mémoire et pour m’avoir permis de publier notre échange.

Parler éducation, problèmes et solutions avec les parents.. Vous êtes une sorte de « Super Nanny » en fait ?

Oh non ! Pas du tout ! Déjà parce qu’il est important pour moi que l’échange avec le(s) parent(s) ait lieu « en terrain neutre », hors des murs de la maison.
Je suis là pour permettre aux parents de « vider leur sac », de prendre soin d’eux et de (re)prendre confiance en eux afin de trouver des solutions là où pour le moment, ils ne voient pas comment faire et semblent dans l’impasse.
Avec ce sentiment récurrent « d’avoir tout essayé » sans que rien ne marche sur le long terme.

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« Faire avec » et non « faire pour »

C’est l’un des grands principes éducatifs en Discipline Positive et l’une des clés pour développer chez l’enfant la fameuse « confiance en soi ».

A la base de cette posture parentale se trouve un précepte de R. Dreikurs, qui affirmait qu’à chaque fois que l’on fait à la place d’un enfant ce qu’il aurait été en mesure de faire lui-même, on le prive d’une formidable opportunité d’apprentissage.

Qu’est-ce que cela signifie ?

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Non, tout n’est pas « positif » et c’est tant mieux.

Optimiste je le suis. Profondément.
Malgré les aléas de la vie, les drames parfois, je le suis et je le reste.
Parce que j’ai foi en la vie, parce que je crois au bonheur qui renaît de ses cendres, même s’il faut se battre, même si cela semble inaccessible au départ.

Par souci de cohérence, j’ai fondé mes choix professionnels et éducatifs sur le « positif » avec la volonté de voir le verre à moitié plein, les forces plutôt que les faiblesses.
Comme un art de vivre, un savoir-être qui se travaille et s’entretient au quotidien.
Par constat de l’évidence aussi : le « négatif » m’use et m’ennuie.
Il vampirise mon énergie, accélère ma fatigue mentale et ternit ce que j’aime.
A chaque fois qu’il me rend visite, j’ai l’impression de perdre autant mon élan que ma créativité alors oui clairement, lui et moi, nous ne sommes pas amis.
Je suis résolument optimiste et pourtant, devant le rayonnage des libraires et une quantité non négligeable d’articles que je vois passer j’ai la désagréable impression d’un « effet Prozac » recherché pour toute une société.

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Se faire modèle de ce qu’on veut transmettre

En Discipline Positive, on fait appel au bon sens qui, la tête dans le guidon et les pieds dans le quotidien, peut parfois nous faire défaut.

On rappelle notamment que l’une des clés des changements que l’on veut mettre en place et des comportements que l’on attend de nos enfants est de montrer l’exemple.

La cohérence entre ce qu’on dit (ce qu’on prône, ce qu’on demande, …) et ce qu’on fait est en effet un élément indispensable pour que l’enfant puisse comprendre et apprendre, jusqu’à être capable de reproduire lui-même ce qui est attendu.

Cet « apprentissage » peut ainsi être d’autant plus long – voire désespérément non acquis – qu’il ne peut imiter le parent devant lui pour s’entraîner, comme devant un miroir.
L’exemple type est le fameux « Arrête de crier ! » qu’on dit soi-même en hurlant, tant nos nerfs sont mis à rude épreuve depuis plusieurs heures.

Oui mais on n’est pas toujours en état d’être le parfait exemple. Alors quoi ? On se force ? On se ressaisit vite fait pour ne pas défaillir sous les yeux interloqués de nos enfants ?

Et si au contraire, on apprenait à lâcher prise ?

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