Tu m’obéiras… Ça vaudrait mieux pour moi.

Dans les rapports de force qui se jouent à la maison et les tensions qu’ils génèrent (autant entre parent et enfant que dans le couple parfois) se pose régulièrement la question de l’autorité. En soulevant au passage les notions d’obéissance et de crédibilité.

« C’est moi l’adulte et lui l’enfant, qui est-ce qui décide ? »
« Si c’est moi qui cède je passe pour qui hein ? »
« Mieux vaut canaliser tout de suite ses excès de caractère sinon bonjour l’adolescence avec celle-là! »

Tant de mythes et de peurs persistent autour de l’obéissance attendue de l’enfant à l’adulte.

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Chronique d’un parent confiné #5

7h30 : Allez, on se lève. Ce n’est plus le réveil qui sonne (et ça c’est chouette) mais ce sont les enfants qui déboulent (ah….…).

8h15 : Douche (le petit plaisir de la journée hein, on se contente de peu désormais).
Et puis ça fait une semaine que l’on est confiné, j’ai besoin de prendre un peu soin de moi. Soyons fous : opération maquillage ! (Tiens je l’avais oublié celui-là… J’ai dû lui manquer c’est sûr…)

9h : Début de la classe à la maison (alors bon, bien sûr, pas toujours à 9h pile… Faut pas pousser !). Deux niveaux en même temps à gérer. 
« Trop fac’ » comme ils disent (ouais ben non en fait, je déconne !).

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Chronique d’un parent confiné #4

On est d’accord, c’est l’occasion ou jamais.
Qu’il comprenne (mieux, qu’il vive !) mon quotidien, ma vie à moi.

Cette vie que je considère à l’opposé de la sienne, lui qui est toujours parti à droite à gauche « pour le boulot », injoignable en cas d’appel de l’école « coincé en réunion », jamais disponible pour les conduire aux activités « avec encore un client à gérer avant de rentrer ».

Cette vie que j’ai choisie, à la maison, pour voir mes enfants grandir, pour leur donner tout ce que je pourrai et les voir heureux et qui m’enlève le droit de me plaindre.

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Chronique d'un parent confiné #3

7h10 : Je suis réveillée « mécaniquement », même pas eu besoin de réveil.
Je suis sur le point de m’extraire de la couette quand je réalise que non, pas besoin d’aller conduire les enfants à l’école ! Pas besoin de passer en speed par la salle de bain, de débarrasser en 4e vitesse le petit-déjeuner… On reste à la maison. Yes !

7h12 : J’entends du bruit dans l’escalier.
Les mêmes enfants que je dois tirer du lit 5 jours sur 7 (je vous laisse deviner lesquels) sont déjà levés et m’appellent parce qu’ils meurent de faim. Sans blague. D’habitude il faut quasiment les menacer pour qu’ils avalent quelque chose avant d’y aller.

7h14 : Le café coule. Le répit sous la couette n’aura été que de courte durée.

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Chronique d'un parent confiné #2

C’est sûr qu’il y a les mauvais côtés : on ne peut pas sortir ou on est obligé de choisir ses sorties avec parcimonie tout du moins.

On fait des petites courses de temps en temps à la supérette du coin pour ne pas trop s’éloigner. On a la chance d’avoir un jardin heureusement, pour les enfants ça change tout.

Mais il y a les bons aussi. Se retrouver tous ensemble. Mine de rien, ça n’arrive pas souvent. Pouvoir faire l’école aux enfants. J’adore. Et puis faire des activités avec eux pour lesquelles on n’a pas forcément le temps… Quand tout va bien.

Côté boulot, entre un soignant et un agent SNCF, pas le choix, nous continuons tous les deux de travailler.

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Chronique d'un parent confiné #1

Je lis qu’elles sont heureuses, ravies, remplies de gratitude d’avoir tout ce temps inattendu à la maison auprès des enfants.

Je lis que c’est un cadeau, une chance de les voir grandir au quotidien.

Je lis que ce rôle de maîtresse improvisée les amuse, qu’il est gratifiant d’être dans cette posture de transmission de connaissances, qu’elles découvrent une autre manière de partager.

Je lis qu’ils font ensemble plein d’activités manuelles et de jeux de société, qu’elles redoublent de créativité parce qu’il y a tellllement de choses à faire autres que les écrans.

Je lis qu’il est bon de retrouver du temps pour lire, prendre un thé, regarder un vieux film.

Je lis que c’est le moment de se mettre au yoga, de trier ses vêtements inutiles, de tester de nouvelles recettes de cuisine.

Je lis qu’on peut même s’improviser un apéro en visio avec les copains et tchin ! à travers l’écran.

Les larmes viennent. De fatigue, de nervosité ou de culpabilité, je ne sais plus trop.

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Pourquoi cette période avec enfants à la maison n’a rien d’un air de vacances

A l’idée de rester plusieurs semaines à la maison avec nos enfants, nous pourrions nous réjouir, savourer la chance que nous avons d’avoir tout ce temps à passer ensemble, bénir cette occasion rêvée de partager des activités, nous qui courons toute l’année et attendons les vacances avec impatience pour, enfin, se retrouver en famille.

Sauf que dans la réalité, nous voilà surtout nombreux à être angoissés à l’idée de cohabiter H-24, paniqués de devoir les occuper de 8h à 20h alors que les parcs d’activités sont fermés, que les mails et les coups de fil pro vont continuer de tomber tandis qu’il y aura la « continuité pédagogique à assurer ».

Bref, qu’il va nous falloir tout gérer.

Alors quoi, on ne sait pas ce qu’on veut ? On n’est jamais satisfait ? On ne sait faire que râler ?

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Noël en famille : comment survivre aux fêtes sans trop de pertes et fracas ?

La formule consacrée veut que l’on se souhaite de « B.O.N.N.E.S » fêtes, un « J.O.Y.E.U.X.» Noël or, qu’on se le dise, l’affaire n’a rien de garanti.

Parce qu’au milieu des feuilletés apéro de tante Simone qui manquent de brûler pour cause de retard dans l’ouverture des huîtres, de la bûche aux fruits rouges renversée sur le canapé neuf de belle-maman et des enfants surexcités par le déballage imminent des cadeaux, Noël c’est aussi l’occasion privilégiée des règlements de compte familiaux, l’un des moments les plus sensibles pour la garde partagée et globalement, une période où le « trop » est à l’honneur : trop de sucre, trop de gras, trop de monde, trop d’agitation, trop de bruit, …

Les fêtes ont ainsi cette capacité à réunir autant qu’à diviser.

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Cherche enfant sage (désespérément)

A chaque fois que j’en entends parler, cet adjectif attise ma curiosité :

« Il est sage dites donc votre petit garçon »
« Tu seras sage hein ? »
« Ils sont très sages j’espère que cela va durer en grandissant »
« Qu’est-ce qu’il est sage ce bébé ! Vous avez de la chance !»

Hummm… C’est-à-dire ? C’est quoi un enfant sage ? C’est comment ?
J’ai tenté d’étudier la question afin d’éluder ce qui reste, pour moi, un grand mystère.

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Le manque de fermeté n’est pas (toujours) un excès de bienveillance

S’il y a bien une notion qui me tient à cœur lorsque l’on parle « d’éducation positive », c’est celle de bienveillance : « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » dit le Larousse.
Envers un enfant pour qui tout est découverte et apprentissage, notamment en cas d’erreurs et d’échecs, cela m’a toujours semblé essentiel.

La notion de « fermeté », que la Discipline Positive lie intrinsèquement à celle de bienveillance, m’a ainsi été plus difficile à appréhender  ; moi qui revendiquais l’écoute, la patience, l’empathie et autres souplesses d’approche envers l’enfant-qui-grandit.

Pourtant, au fil des années de pratique et d’observation, j’ai pris conscience des enjeux liés à cette fameuse « fermeté » et de son rôle indispensable pour une éducation réellement bienveillante.

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